Histoire de la voyance en Europe

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Histoire de la voyance en Europe

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Voyance, numérologie, astrologie, … Souvent décriées, ces disciplines divinatoires n’ont pas toujours été perçues de la sorte, au contraire. Ancestrales, on en retrouve diverses traces et pratiques dans les civilisations antiques. Oracles, voyants, mages, devins jouent même un rôle essentiel dans la vie des hommes. Comment est née la voyance en Europe ? Comment s’est-elle développée ? Quelle fut sa place au cours des différentes périodes historiques ? Quelles sont les personnalités dans ce domaine dont les noms ont su traverser les époques ? Retour sur l’histoire des arts divinatoires

Histoire de la voyance en Europe, les prémices antiques

Si l’homme désire recourir à la voyance, c’est pour une raison simple : connaître son avenir. Mais aussi celui de son village, la qualité des récoltes, l’issue d’un combat ou encore les naissances. Il est impossible de dater avec précision le début de la voyance puisqu’il n’existe pas un fait marquant qui permette d’affirmer que celle-ci est née à cet instant précis. Chose certaine en revanche, la voyance semble exister depuis l’antiquité, les hommes ayant cherché dès le départ à connaître leur destin au travers de rites et pratiques qui se sont perdues ou perdurent encore. Les Chaldéens (entre le 9ème et 6ème siècles avant J.C) sont vraisemblablement les premiers à avoir établi un principe d’horoscope afin de lire l’avenir. Une méthode qui s’est ensuite exportée en Grèce et puis largement dans le monde gréco-romain. Ici, la voyance prend une place toute particulière et la discipline entre parfaitement dans la « normalité » du quotidien. Les grecs voient en la voyance, une réponse des Dieux, qui, priés régulièrement, leur accordaient ainsi des révélations via les augures. Estimée, la pratique de la voyance s’effectuait auprès des élites mais également au niveau populaire au travers de traditions plus sommaires où les devins étaient respectés pour leurs dons et leurs facilités à exécuter certaines techniques (telle que la transe). Chez les romains, la voyance prend une véritable ampleur, se répandant dans toutes les couches de la société et devenant même un domaine pilier du pouvoir. Dès Cicéron, deux branches divinatoires anciennement mêlées, se distinguent alors : la voyance et la mantique. Si la voyance est un procédé intuitif, la mantique, elle, est inductive et technique. Et c’est cette forme-là de divination qui finit par s’imposer, notamment à Rome. On y voit les haruspices prétendant lire l’avenir dans le comportement des animaux ou leurs entrailles. Un moyen auquel on recourt amplement lorsqu’il s’agit de juger des crimes… Se voient aussi les augures, l’astrologie, les prophéties, les signes ou encore l’oniromancie. Naîtront de ces années ésotériques des devins et savants dont les noms traverseront les siècles. Cette période faste de la voyance va subitement s’éteindre avec l’avènement du christianisme. Les coutumes païennes doivent disparaître sous peine de représailles, et, en ce sens, la divination apparaissant comme une pratique hérétique, quitte les hautes sphères du pouvoir, glissant dans l’ombre et le secret.

Histoire de la voyance en Europe, Moyen-Age et période moderne

L’Empire romain, désormais chrétien, condamne dès 341, les devins à la peine capitale. Une liste précise de toutes pratiques se rapportant à la divination est même édifiée en 506 (augures, songes, sorts, etc.) auxquelles seront ajoutées la magie et l’astrologie, même si une petite distinction est effectuée entre magiciens et devins en 633. Sous l’impulsion de la religion, la voyance est considérée comme l’œuvre du diable, associée à des pratiques de sorcellerie. Les transes sont le signe de possession (une confusion qui perdurera jusqu’au 19ème siècle). Les « sorcières » sont brûlées à la moindre occasion, des tentatives de guérison de possession via des exorcismes, théâtralisées à l’extrême, sont organisées… Au Moyen-Age, puis à la Renaissance, c’est dans le secret que les paysans vont continuer à honorer des traditions païennes telles que la voyance. Ils essayent grâce à elle, de connaître les bons ou mauvais présages concernant une récolte, une naissance ou de possibles maladies. Des coutumes qui vont traverser les siècles grâce à la transmission orale. Les choses changent à nouveau lorsque la noblesse, qui n’hésitait pas à consulter oracles et astrologues, l’affiche de façon plus officielle. Soulignons, à titre d’exemple, le rôle prépondérant joué par Nostradamus auprès de la famille Médicis. Les prédicateurs vont ainsi recommencer à occuper des rôles centraux dans la société médiévale, aidant les souverains, apportant conseils et guidance. L’arrivée de l’imprimerie va aussi permettre à la voyance de se répandre, les ouvrages savants popularisant l’astrologie, sont ainsi diffusés à une plus large échelle. 

Le 18ème siècle puis le 19ème vont offrir à la voyance, son âge d’or. Le tarot se démocratise tout d’abord grâce au cartomancien Eteilla et aux prédictions de Melle Lenormand, voyante attitrée de Napoléon. Surtout, la voyance devient un véritable métier et acquiert de fait, une vraie place dans la société. Les voyants sont partout : salons, cabarets, fêtes, antichambres… Ils s’établissent avec pignon sur rue, devenant des adresses courues tant il est « à la mode » de se rapprocher de la divination (et de l’occulte en général). Il faut dire que les voyantes rassurent et consolent une clientèle parfois désœuvrée, qui vient consulter. La voyance se pare d’une aura de « guérisseuse », « rassurante » et s’inscrit également dans une forme plus folklorique, créant au passage, une imagerie restée célèbre, le métier étant essentiellement féminin (la boule de cristal, la voyante avec son châle et son chat noir). Côté supports, c’est l’avènement de la boule de cristal et du marc de café. Une voyance dite de « spectacle » attire et fascine, elle mélange les genres entre voyance traditionnelle et tours d’illusionniste. En 1857, le spiritisme fait son apparition en France. Ultra-populaire, il est courant de se réunir entre amis, pour faire tourner les tables en espérant (et redoutant !) qu’un esprit se manifeste. Certains charlatans trouveront dans cet amour de la médiumnité, une opportunité florissante. Il n’en demeure que l’arrivée du spiritisme a engendré une rapide évolution des différentes formes de communication avec les esprits à l’image de l’écriture automatique

Au cours de 20ème siècle, la voyance est, cette fois, couplée à l’astrologie. Pour les supports, les grands classiques sont ressortis : tarots, boule de cristal, mais aussi chiromancie ou encore graphologie. La voyance se popularise de nouveau glissant en fin de page des quotidiens, des hebdomadaires ou mensuels. Même maltraitée et perçue comme un activité « risible », que ce soit en silence ou plus ouvertement, tout le monde connaît son signe astrologique et lit invariablement son horoscope quand il en a l’occasion. Simple curiosité diront les plus sceptiques qui, pourtant, ne manquent pas d’espérer que la bonne nouvelle annoncée arrive bel et bien ! Avec la modernité, la voyance se tourne également vers la télévision (au travers de chaines dédiées), la radio ou encore Internet. Incontournable, elle regagne encore une fois sa place auprès du pouvoir (citons par exemple, François Mitterrand et Elizabeth Teissier) prouvant, une fois encore, que divination et puissance vont toujours de pair. Avec le temps, le recours à la voyance a bien évidemment évolué, se centrant sur des préoccupations davantage personnelles tel que les changements dans la vie amoureuse ou la vie professionnelle. Néanmoins, ce qui est fondamentalement recherché subsiste puisque, à l’image de nos ancêtres, nous cherchons avant tout à savoir ce que demain nous réserve. 

Quelques voyants célèbres de la voyance européenne

Nous l’avons vu précédemment, certains devins et savants ont vu leur réputation traverser les siècles. Aujourd’hui encore, qu’ils aient été grecs, romains, qu’ils aient vécus durant le Moyen-Age ou la Renaissance, leurs noms résonnent familièrement à nos oreilles. Mystratès par exemple, un grand voyageur qui prédit à Marcus Furius Camillus que Rome, petite bourgade, deviendrait la cité la plus puissante du monde. Thrasylle, astrologue de l’empereur Tibère et qu’il conseillait également, aura permis à ce dernier de manifester lui-même de surprenants dons de voyance. Pammène, un astrologue qui s’étant mêlé à de nombreuses intrigues politiques, réussit à se rendre invisible alors qu’il allait être poignardé. Un prodige qui en fit le favori de Néron. N’oublions pas, chez les grecs, Zoroastre (ou Zarathoustra) ou Thalès de Milet (et son théorème !). Citons aussi brièvement Adèle Moreau, une célèbre cartomancienne du 19ème et ancienne élève de Mlle Lenormand, Cosimo Ruggieri, un astrologue italien de la fin du 16ème, Daniel Douglas Home, médium spirite écossais né en 1833, Edgar Cayce considéré comme le « Prophète dormant », Jeanne Dixon, médium et astrologue très connue du 20ème siècle, Marcel Belline, le « Prince des Voyants » et l’inventeur d’un jeu portant son nom… La liste pourrait être longue tant sont nombreux (et nombreuses) ceux qui ont marqué le monde et l’histoire de la voyance. Et qui sait si le voyant sérieux que vous rencontrerez, à l’image de ceux présents sur Avigora, ne viendra pas étoffer cette liste de personnalités !

 

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