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Méditation Zazen

 

Poursuivant l’exploration du monde méditatif et des différents types de méditation existants, découvrons la méditation zazen. D’où provient cette technique méditative ? Selon quels codes une séance de zazen se déroule-t-elle ? Est-il possible de pratiquer seul ? Et, bien sûr, quels bienfaits retire-t-on en étant assidu ? Voyage zen. 

Qu’est-ce que la méditation zazen ?

Composé des termes « za » signifiant « assis » et « zen » pour méditation, le « zazen » est littéralement, est une méditation assise provenant du Japon. Cette posture de méditation assise se retrouve dans le bouddhisme zen et renvoie à l’image que nous connaissons de Bouddha, assis, entrain de méditer. Réaliser une méditation zazen, c’est pratiquer quotidiennement une méditation uniquement en étant assis afin de laisser passer ses pensées sans chercher à les analyser ou à s’en préoccuper. Le but durant une séance de méditation zazen est de demeurer immobile, laissant glisser dans l’inconscient tout ce qui le traverse sans essayer de s’y accrocher. Découpée en « périodes » d’une durée précise, la méditation zazen s’effectue, à la différence de la méditation kundalini ou de la méditation Tonglen, dans un lieu spécialement dédié. Elle se compose de l’alternance de périodes de posture assise et de « kinhin », une marche méditative d’une dizaine de minutes. Selon les écoles, la pratique de la méditation zazen diffère : manière de s’installer, lieu, vitesse de la marche, visée de la position, etc. Le zazen peut aussi se pratiquer quelques heures ou durant toute une journée (le zazenkai). Certains auront même le désir d’effectuer une retraite méditative durant laquelle la méditation zazen se pratiquera, au minimum, dix heures par jour (le sesshin). Voyons à présent, quels sont les requis pour l’organisation et le bon déroulement d’une méditation zazen.

Pratiquer la méditation zazen : quels requis ?

Nous venons de le voir, une séance de méditation zazen se déroule avec une codification précise. Généralement, le lieu choisi est un dojo (ou un zendo) qui sert de salle de méditation. Une période de zazen dure entre 30 et 50 minutes. Elle s’interrompt lorsque le bâton d’encens allumé en début de phase méditative, a fini de se consumer. Traditionnellement, c’est en faisant tinter trois fois une cloche (le shijosho), que débute une méditation zazen. La fin d’un cycle est soulignée par le tintement unique de cette même cloche (hozensho). Il est coutume d’effectuer un salut mains jointes (le gassho) avant et après la séance. Le pratiquant s’incline ainsi devant son zafu (coussin méditatif assez élevé sur lequel il prendra place), ses compagnons de méditation et son maitre. Nous allons à présent découvrir que ces codes se retrouvent également pour chaque action d’une méditation zazen. 

Le choix de la posture

Une méditation zazen s’effectue en étant assis au centre du zafu. Les jambes sont alors croisées en lotus ou demi-lotus. Si la position s’avère impossible à tenir, elles seront alors croisées en tailleur. Sachez qu’il est aussi possible de pratiquer la méditation zazen en « seiza » soit en se mettant sur ses genoux. Gardez à l’esprit que cette position doit être la plus confortable pour vous car vous serez amené à rester immobile ainsi durant minimum 30 minutes. Le bassin doit être basculé en avant, la colonne vertébrale bien érigée, le menton rentré et la nuque étirée. Pour atteindre la posture idéale, il est conseillé d’imaginer que le sol est repoussé avec les genoux et le ciel, avec le sommet de son crâne. Quant aux mains, posées sur les pieds, leur tranche appuyée contre le ventre, elles doivent être installées la main gauche posée sur la main droite, paumes vers le ciel. Les pouces, eux, se touchent afin de former une ligne droite. Les épaules sont détendues, la pointe de la langue en contact avec le palais, quant au regard, il se pose à un mètre de distance environ, sans qu’une attention particulière soit portée au point qu’il atteint.

L’art de respirer correctement

Outre la posture, la respiration, elle aussi, doit s’adapter. C’est une respiration incomparable, nommée en sanscrit « Anapanasati » - respiration zen- qui ne vient que si la posture est correcte. Elle permet, durant une méditation zazen, d’établir un rythme lent, puissant mais naturel, où l’expiration se veut douce, longue et profonde. Le méditant doit expirer lentement et silencieusement par le nez et ressentir cette expiration dans son ventre. Finalement, l’inspiration revient, profonde et naturelle, également. Il n’est pas nécessaire de compter ou de chercher à contrôler son souffle, cela doit vraiment être naturel. 

L’attitude de l’esprit

Cette tournure un peu ambiguë permet néanmoins de saisir la manière dont se déroule une méditation zazen. Durant une séance, les images, pensées et toute formation mentale qui vont surgir dans l’inconscient, doivent passer sans chercher à s’accrocher. Comme un nuage, la pensée passe, disparaît, ressurgit, s’évapore, reprend forme, etc. La personne qui est en état méditatif, si elle réussit à ne pas s’y attacher, peut ainsi atteindre un état de pensée qualifié d’ « au-delà de toute pensée » (le hishiryo). Considérée comme une forme de « pureté mentale », cette attitude de l’esprit ne peut s’atteindre qu’à travers une profonde concentration sur la posture et la respiration car elles permettent le contrôle de l’activité mentale et ainsi, une meilleure circulation cérébrale. Pendant la phase de « zazen », le cortex se repose tandis que le sang afflue vers les couches profondes du cerveau. Mieux irriguées, elles s’éveillent de leur demi-sommeil. Et cette activité procure une impression de sérénité, bien-être, calme ce qui déclenche les ondes du sommeil profond, les « alpha » et « thêta ».

Méditation zazen, la pratiquer seul ou en groupe ?

Avec ses rituels, la méditation zazen diffère des autres méditations, à l’image de la méditation de pleine conscience, que nous avons pu explorer précédemment. Même s’il est possible de s’installer tranquillement et de se lancer en solo dans une méditation zazen, le mieux demeure de la pratiquer au sein d’un dojo. Pour respecter les codes mais également pour être soutenu par l’énergie spirituelle dégagée par le groupe des autres pratiquants, qui, telle une locomotive, tirerait les wagons derrière elle. Entouré par des semblables dont le niveau diffère entre débutants et adeptes confirmés de la méditation, cela permet de lâcher-prise, de ne pas se fourvoyer et de grandir, tout simplement. 

Que peut-on attendre de la méditation zazen ?

Dès le début, nous notions que l’un des bienfaits majeurs de la méditation zazen, est d’apprendre au pratiquant à décrocher de ses pensées, à les laisser passer sans s’y engluer. L’exercice est, évidemment, difficile puisque nous ne sommes guère habitués à cette prise de distance d’avec notre mental. Une pratique régulière et assidue de la méditation zazen se révèle, sur le long terme, extrêmement efficace pour modifier l’esprit en l’habituant à se détacher des diverses émotions et affects intérieurs. La finalité n’est pas de ne plus rien ressentir, mais de stopper le cercle vicieux consistant à ce que les émotions nous possèdent et nous dominent. La méditation zazen, à force d’entrainement, permet une prise de recul et est un outil mis à disposition pour modifier son mode de perception des choses afin d’être plus détaché quant aux événement du quotidien. Ne plus tout prendre à cœur, ne plus sur-réagir comme nous avons souvent tendance à le faire, notamment dans une situation qui nous contrarie. Simple et en même temps bien difficile à comprendre à l’image même de la vie. S’entrainer sans but ni esprit de profit, permet de le saisir pleinement et d’atteindre une forme d’éveil, « l’illumination » recherchée dans la philosophie bouddhiste. 


Un autre type de méditation : La méditation de pleine conscience

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